Les cérémonies commémoratives du 75ème anniversaire du Débarquement de Normandie ont revêtu cette année une ampleur particulière. On ne peut que s’en féliciter.
Survenu il y a trois quarts de siècle, cet évènement historique majeur qui a permis moins d’un an plus tard la chute du régime nazi est constitutif de notre liberté.

Ce 26 juin à Cherbourg, nous commémorons un autre 75ème anniversaire : celui de la libération de notre cité.
Nous connaissons l’enjeu militaire qu’elle a représenté pour les alliés : disposer d’un port susceptible d’assurer le ravitaillement des armées alliées en munitions, vivres, et carburants, pour pourvoir aux besoins immenses des soldats et de nos concitoyens.
La prise de Cherbourg a été d’autant plus cruciale qu’une partie importante des ports artificiels du Calvados étaient inutilisables en raison de la tempête survenue quelques jours plus tôt.

L’Histoire nous confirme que la Résistance départementale, dirigée par le Cherbourgeois Yves Gresselin et intégrée dans des unités régulières américaines du Général Collins, a participé à la libération de Cherbourg. La contribution des « patriotes français à la libération de Cherbourg » fut saluée par le secrétaire à la guerre américain Stimpson.

Le Débarquement de Normandie est essentiellement l’œuvre des armées américaine et britannique. Au demeurant, nous devons la prise de Cherbourg aux soldats américains. Pour autant, la lutte globale contre le nazisme a rassemblé d’autres acteurs sur des théâtres d’opération au-delà de la seule Normandie. Le succès de leurs armes a contribué d’une manière décisive à la victoire alliée dans notre région. Il est donc juste et légitime d’associer l’ensemble de ces acteurs à l’hommage rendu à ceux qui ont combattu en 1944 sur le sol normand.

Parmi les principaux acteurs ayant défait le nazisme, figure l’Union soviétique (URSS) qui rassemblait à l’époque autour de la Russie, un certain nombre de pays sous son influence. L’Union soviétique, envahie depuis juin 1941 par Hitler, a supporté quasiment seule le poids de la guerre terrestre à l’Est depuis juin 1941 jusqu’à la mi-1944. Elle a payé de très loin le plus lourd tribut humain à la victoire : 25 millions de morts civils et militaires. De plus, elle a « usé » l’armée hitlérienne pendant toute cette époque, affaiblissant de la sorte le dispositif militaire allemand qui, à l’Ouest, allait affronter le débarquement des alliés. Par ailleurs, en déclenchant à partir de juin 1944, une offensive de très grande ampleur sur le front soviéto-allemand (notamment en Biélorussie), l’armée soviétique a empêché Hitler de procéder à des transferts d’unités vers la Normandie, rendant ainsi impossible le rejet à la mer des troupes débarquées. Il faut souligner que le déclenchement de cette offensive concomitante des opérations de Normandie avait été réclamé officiellement et expressément aux Soviétiques fin 1943 par les alliés occidentaux.
D’autres acteurs ont contribué également d’une manière capitale à la réussite du Débarquement de Normandie. Les résistants français ont fourni des informations de première importance aux alliés au prix de tous les dangers et souvent au péril de leur vie, par leur activité de renseignement durant toute la durée de l’occupation allemande.

Dirigée depuis Londres par le Général de Gaulle, la Résistance a programmé et exécuté sur tout le territoire national un plan généralisé de sabotages et d’entraves diverses aux déplacements de troupes allemandes de l’intérieur vers les zones de débarquement alliés.
L’efficacité de la Résistance a été reconnue par les services spéciaux américains qui, au début juillet 1944, notaient que son action sur le territoire français dépassait de loin les prévisions les plus optimistes qu’ils fondaient sur elle. Pour sa part, le Général Eisenhower, commandant les forces de débarquement, a rendu à plusieurs reprises, un hommage appuyé à la Résistance française.

Aujourd’hui, en ce jour commémoratif de la libération de Cherbourg, notre reconnaissance va à toutes celles et tous ceux qui en furent les acteurs proches ou lointains, quel que soit l’uniforme qu’ils portaient, ainsi qu’aux combattants et combattantes sans uniforme de la Résistance. La conquête de la liberté fut une œuvre collective dont nous sommes à jamais reconnaissants.
Ces femmes et ces hommes sont pour toujours le visage de la France et de liberté.

Sonia Krimi