Mayotte, l’île des enfants perdus de la République

Mayotte, l’île des enfants perdus de la République

[Mayotte, l’île des enfants perdus de la République]

Aujourd’hui nous célébrons le 29ème anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 20 novembre 1989. La France qui fut le 2ème pays à ratifier la Convention compte également l’un des territoires les plus pauvres d’Europe sur lequel « vivent » près de 125 000 enfants : Mayotte.
De retour au début du mois de novembre d’une mission parlementaire relative à la rétention administrative des mineurs sur l’île de Mayotte, je dédie cette journée des droits de l’enfants aux enfants de Mayotte qui, au sein des centres, et davantage encore à l’extérieur, vivent dans des conditions indignes.

Un quart de la population n’a pas accès à l’eau potable. Près de la moitié des habitats sont précaires. Nombre d’enfants vivent seuls, sans parents, dans les « bangas», bidonvilles des zones périphériques de Mamoudzou, souvent « tenus » par des propriétaires qui, tout en dénonçant l’immigration massive, exploitent clandestinement la misère juvénile venue du reste des Comores. Le plus pauvre département de France est également considéré comme le joyau de l’archipel des Comores soumis à une crise politique majeure qui pousse les habitants de l’île d’Anjouan (entre autres) à atteindre les rives de la République par des embarcations de fortune, les fameux Kwassa-Kwassa.

Les services de l’Etat sont submergés quand ils ne sont pas sommés de fermer leurs portes sous la pression du mouvement des « Mamans ». Entre les Mahorais et les Comoriens, les tensions sont intenses, le racisme est quotidien et explicite. On se croirait loin de la France. Et pourtant, depuis le milieu des années 1970, Mayotte, à la différence du reste de l’archipel, a exprimé sa volonté d’appartenir à la France. Depuis 2011, Mayotte est un département français comme les autres, un département de la République qui reconnait « que l’enfant, pour l’épanouissement harmonieux de sa personnalité, doit grandir dans le milieu familial, dans un climat de bonheur, d’amour et de compréhension ».

Bonne journée,
Sonia

Rencontres Européennes Unis pour l’Egalité

Rencontres Européennes Unis pour l’Egalité

[Rencontres Européennes Unis pour l’Egalité]

« Faut-il abroger la loi Collomb ? »

Sonia Krimi a participé au débat organisé dans le cadre des rencontres européennes Unis pour l’Égalité, à l’initiative de la Fédération des Maisons des Potes.

Durant toute la durée de l’échange, les différents participants – parlementaires et responsables associatifs – ont fait part de leur constat sur les conséquences de la loi Asile et Immigration sur les demandeurs d’asile et sur les changements causés, notamment dans la procédure de demande du droit d’asile. Un durcissement a été constaté par l’ensemble des intervenants.

Cet événement a aussi été l’occasion pour la députée de revenir sur les grandes lignes de la loi et sur les raisons de son abstention lors du vote à l’Assemblée nationale. Elle a exposé ses interrogations et ses craintes concernant l’efficacité de cette loi ; persuadée qu’elle n’arrangera pas les choses et ne facilitera ni la vie des demandeurs d’asile ni celle de l’administration française.

Sonia Krimi est aussi revenue sur son expérience à Mayotte, avec une délégation d’élus. Cela a été l’occasion pour faire le parallèle sur les conséquences concrètes de cette loi sur les réfugiés. Appuyée par un travail de terrain, la délégation avait pu rendre compte de la réalité des mahorais concernant l’insécurité, les violences subies par la population, les inégalités sociales qui ne cessent de se creuser sur l’île, avec un climat dangereux et de plus en plus xénophobe qui ne cesse de gagner de l’ampleur.

Enfin, cette rencontre a permis de raviver le débat, d’argumenter avec des divergences de points de vue sur la question, mais surtout d’écouter les suggestions et les remarques des associations qui sont engagées dans ce domaine et confrontées quotidiennement à la réalité des demandeurs d’asile.